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Taux de divorce élevé: Pourquoi les ménages volent facilement en éclat?

Les cas de divorce au Sénégal ont pris une proportion inquiétante depuis quelques  années.  En 2015, rien qu’à Dakar, le tribunal départemental, a prononcé 1775 divorces. En 2013, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie(ANSD) avait dénombré 126.286 cas de divorce dont la majorité des cas concernent les femmes avec 96.049 contre 30.236 chez des hommes. Hommes et femmes se revoient la balle. A qui la faute? Dakar7 a tenté de situer les responsabilités. Reportage!

Trouvée chez elle à Ouakam, Ndéye Khady, manipule son téléphone portable dans son salon. Divorcée et sans enfants,  cette femme d’une trentaine d’années, vêtue d’un T-Shirt et d’un pantalon « jean » noir, assume sa nouvelle vie de célibataire. Comme Ndeye, elles sont nombreuses les femmes sénégalaises à se retrouver dans cette situation. En effet, les cas de divorce sont, de nos jours, devenus très fréquent. D’après les chiffres de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, les divorcés sont plus nombreux dans la région de Dakar (2,5%). La capitale est suivie de Matam et Saint-Louis avec chacune 1,5%. La région de Sédhiou avec 0,5% enregistre la plus faible proportion de personnes divorcées, suivie de Kédougou et Kaffrine avec 0,7% chacune.

Qu’est-ce qui explique l’ampleur de ce phénomène de société peu connu par nos grands parents? Ndeye Khady, elle, a sa réponse. Elle impute la responsabilité  aux hommes. « Les hommes d’aujourd’hui ne reconnaissent plus la valeur d’une femme. Ces derniers épousent une femme quelques années plus tard, ils commencent à la mal traiter et les disputes éclatent, du jour au lendemain. L’homme ne s’occupe plus de sa femme et cette dernière est obligée de demander le divorce », nous révèle-t-elle.

Mamadou Sow: « Ma femme m’a dit qu’elle ne peut pas vivre avec ma famille’ »

De nos jours, l’amour semble céder sa place au matérialisme. Les relations sont plus basé sur l’argent que sur les sentiments. C’est la conviction de Mamadou Sow. Trouvé dans sa boutique, ce vendeur de lait caillé, habillé en tenue traditionnelle, entouré de bassines, est très sollicité par les client. Malgré tout, il a le temps de se prononcer sur les nombreux cas de divorce. Contrairement à Ndèye, il renvoie la faute à la femme la  femme. Il nous raconte le calvaire qu’il a vécu: « Je me suis marié avec une femme qui ne respecte pas sa parole. Avant le mariage, elle m’avait fait toutes les promesses du ciel. Mais après deux mois de mariage, elle me demande de la chercher un appartement à elle seule et de l’ouvrir un salon de coiffure à son nom. Je lui ai posé la question de savoir pourquoi veut-elle que je lui cherche un appartement, elle me dit qu’elle ne peut pas vivre avec ma famille et moi aussi j’ai refusé catégoriquement. On a fini par divorcer »

Seynabou  Séne partage l’avis de Mamadou Sow.  Bien que mariée, cette jeune fille, rencontrée sur la route de Ouakam, habillée en robe rose, pochette à la main, blâme ses soeur femmes. «Nous les jeunes filles, nous sommes trop capricieuses. Bien que les belles mères et belles sœurs sont difficiles à gérer, les belles filles ne veulent plus s’occuper de leurs foyers. », dit-elle.

Ibrahima Sakho: « La belle vie favorise le divorce »

Il est 17 h. Nous sommes à côté de la mosquée de Ouakam. Ibrahima Sakho, (nom d’emprunt) un jeune ibadou, sort du lieu de prière. Habillé en grand boubou bleu, il prend le temps de répondre à nos questions.  Il fait et cause pour les femmes. Il dénonce le comportement des hommes à l’endroit des femmes. « L l’homme a 4 responsabilités à l’ endroit de sa femme: la loger, la vêtir, la nourrir,  mais aussi la tolérance. Donc s’il y’a une défaillance dans ses responsabilités, il peut ne pas être crédible devant elle.  Et la femme risque de faire l’adultère ou de traîner dans les rues. », explique-ti-l. Il ajoute: « La belle vie favorise le divorce. Par exemple en sortant avec une fille, vous êtes tout le temps dans les restos, les fast-foods et autres. Si une fois, vous la mariez , tu arrêtes toutes ces choses, cela pourra la pousser à demander le divorce. »

Imam Ndao : «De nos jours le mariage est devenu un bien matériel. »

Pour le prêcheur Iran Ndao, le problème est ailleurs. L’animateur à la SEN TVI explique le taux élevé de divorce par le matérialisme. « De nos jours, le mariage est devenu un bien matériel. Avant de ficeler le mariage, l’homme regarde la beauté alors que la femme demande la profession. Ainsi les unions se font par intérêt. », constate Iran Ndao pour le déplorer. « Au paravent, nos grands-parents regardaient avant de convoler en noce. Regarde chez l’époux ou l’épouse son attitude afin d’avoir une descendance exemplaire »

Les réseaux sociaux jouent aussi un grand rôle dans les mariages éphémères, selon le prêcheur. Pour Iran Ndao, un mariage sans le consentement des parents ne dure guère. »Les jeunes ont tendances a sceller leur union via les réseaux sociaux ou sans l’approbation parentale. Ce qui est à l’ origine de ces nombreux cas de divorces. Dieu a régi des normes pour le mariage, si on s’y réfère, le couple devient solide. Si on outre passe ces règles, dans ce cas la séparation se consomme très facilement. C’est ce que font la plupart des jeunes couples, des unions basées sur les biens de ce monde si bas. En somme le mariage en Islam ne peut pas se faire sans l’amour ».

Pére Maixent Sagna:  « Le mariage a perdu son côté sacré. »

Un avis partagé par Père Maixent Sagna.  Selon l’administrateur de la paroisse Notre Dame du Cap-Vert de Pikine, le mariage a perdu son côté sacré. « La société a tourné le dos à la sacralité pour adopter la laïcité. Dans l’église, le mariage est une alliance qui vient de Dieu. Et si le couple conserve ce coté, le mariage reste à vie. dit le curé. Qui poursuit: « Au paravent le mariage se faisait entre deux familles et chacun des mariés n’accepte pas que sa famille soit déshonorée. Ainsi les couples étaient sauvés malgré les problèmes. Dans l’église catholique une fois le mariage scellé, il n’y a plus de divorce »

Fatoumata Ba (stagiaire)

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