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Le Film « Giving Birth » de Fatou Kandé Senghor dévoile la personnalité de la Potière Séni Awa Camara

Le film documentaire « Giving birth » (Donner naissance) de la réalisatrice sénégalaise Fatou Kandé Senghor, présenté, mercredi, au CESTI, est un portrait qui dévoile la personnalité de la potière de Bignona Séni Awa Camara.

Ce documentaire de 30 minutes retrace la vie et le travail de Séni Awa Camara, artiste « hors du commun », mariée très jeune, à 14 ans, avec un vieil homme et qui n’avait en ce moment là « pas de sein, ni de corps. Elle était inexistante et n’a pas pu enfanter comme elle l’aurait souhaitée », explique la réalisatrice.

Une vie « tumultueuse » que Séni Awa Carama raconte elle-même avec ses propres mots ponctués de longs moments de silence lorsqu’elle « crée » ses propres enfants avec l’argile.

Elle plonge le cinéphile dans son univers rythmé de « préjugés » sur sa personne, car elle traîne, dit Fatou Kandé Senghor, « une réputation des plus controversées ».

Le film invite à la réflexion sur le regard de l’autre sur son prochain, le statut de la femme « stérile » dans notre société, mais surtout le statut de l’artiste. Car tout au long du film « Giving birth » l’artiste revient sur sa situation de « pauvreté », malgré son art très prisé dans le monde.

Parce que Séni Awa Camara est parmi les artistes africains les plus côtés. Pour la cinéaste, le documentaire réalisé en 2015 est « un moment de vérités » pour l’artiste et « une fleur » pour elle.

« Le dialogue était possible parce qu’elle me faisait confiance et m’a permis de rentrer dans son univers », dit-elle. « C’est un film qui parle aux Sénégalais dans la tranquillité, il dit ce que pourrait être la mystique, la pratique artistique, l’esthétique, des sujets à réflexion. Il nous ouvre les yeux sur autres choses », souligne Fatou Kandé Senghor.

Fatou Kandé Senghor filme souvent son « terroir », la Casamance avec « Diola Tigi » (2007), « Giving birth » (2015). « La Casamance, c’est mon cœur, je n’y ai pas grandi, mais j’y appartiens totalement, physiquement, mentalement, émotionnellement, dont quand j’y vais je me sens en communion avec cet espace », fait savoir la réalisatrice qui a beaucoup échangé avec les étudiants.

Selon elle, les sujets sur la Casamance la choisissent, « ils s’acharnent sur moi, je les préfère parce que ceux sont des espaces où il y a tout ce que j’aime mer, nature complexité, le mystique, mutation, etc ».

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