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Froid à Dakar: La traite des vendeurs de friperie et de charbon

Depuis quelques semaines, un froid de canard sévit à Dakar. Un changement climatique qui fait l’affaire des vendeurs de friperie. Dans les marchés hebdomadaires, c’est la bousculade des clients notamment les jeunes filles pour s’arracher les meilleurs vêtements leur permettant de se protéger contre le froid. Mais il n ‘y a pas que la friperie qui marche en pareille période. Les vendeurs de charbon, eux aussi, ne se plaignent pas. Très prisé par les femmes, le charbon de bois fait même l’objet de spéculation chez certains boutiquiers revendeurs. Dakar7 s’est rendu au marché hebdomadaire de Liberté 6, pour mesurer la.. température qui y prévaut. Reportage!

Il est 13 h, l’ambiance bat son plein au marché hebdomadaire de Liberté 6. Tous les samedis, les clients se faufilent entre les étals qui s’étendent le long de l’avenue Fahd Ben Abdel Aziz. Lieu où chacun essaye de réaliser une bonne affaire dans le choix des habits. C’est ce qui fait l’attractivité de ce marché où des milliers de gens convergent chaque semaine. Malgré tout, le marché est confronté à un problème d’espace. Le brouhaha des vendeurs qui se mêle aux klaxons des véhicules plonge le marché hebdomadaire dans un véritable capharnaüm.  A quelques mètres, on aperçoit un jeune garçon avec ses sacs remplis de vêtements de fripe : c’est Gora.

« La vente de la friperie est un métier noble »

Âgé d’une vingtaine d’années, Gora s’est lancé dans ce métier depuis plus années. Chaque jour, il se rend à Colobane pour se procurer des vêtements qu’il revend ensuite. Gora n’a pas une adresse fixe. Il se rend dans d’autres marchés hebdomadaire. Il s’est spécialisé dans la vente de vêtement pour femme. Il vend des body, des jeans et des vestes de classe. Mais Gora ne se plaint pas de son business. « J’achète la balle à 100 000 F et le jour  je peux vendre jusqu’à 80 000 F et il me restera beaucoup d’autres morceaux. », explique le jeune commerçant. « La vente de la friperie est un métier noble car non seulement il me permet d’entretenir mes parents mais aussi de m’habiller en toute élégance», ajoute-t-il, avec fierté.

De l’autre côté c,’est la ferme discussion que l’on note entre clients et vendeurs. Habillé en jean, et body sous une veste noire, écharpe au coup, Aicha marchande le prix d’une veste qu’elle veut se procurer. Elle se rend presque chaque semaine pour faire ses achats. Pour elle, les vêtements de la friperie, elle n’y voit que des avantages. En effet, elle habille toute sa petite famille avec ces vêtements de la fripe. «Les vêtements de la friperie sont de meilleurs qualités et moins chers aussi. Avec 5000 F, on peut trouver beaucoup de morceaux. Dès fois, on peut trouver des vêtements toutes neuves et avec des étiquettes dessus », explique Aicha.

Ce marché hebdomadaire attire beaucoup de monde. Même les passants n’y résistent pas à l’instar d’Abdou Top. Le jeune informaticien garde quelques fringues de fripe dans son armoire. « De temps à autres, je fais des tours dans les marchés de friperie pour acheter des habits. Comme aujourd’hui, j’étais dans le bus et j’ai vu des pantalons et des vestes qui me plaisent. Je suis descendu pour marchander car ce sont des vêtements de bonne qualité. Dès que tu les laves, et les repasses, ils deviennent tous neufs. Moi je les trouve meilleurs que les habits des chinois importés et qui ne durent pas».

Le froid et le 3e âge 

Mais le bonheur des vendeurs de friperie fait, en revanche, le malheur des personnes du 3e âge. Au Sénégal,  nombreux sont les vieux ou les vielles qui, en pareil moment, souffre de rhumatisme. C’est le cas de Madame Badji, habitante de Ouakam. Trouvée chez elle à quelques minutes de la prière du crépuscule, la cinquantenaire se presse d’allumer le feu pour se protéger de la fraîcheur.  Blottie à côté d’un fourneau rougie de feu et un peu de  « thiouraye »(encens), emmitouflée dans un grand tissu, la vieille dame a pris ses précautions. « Le froid me frappe jusqu’aux os. La nuit, je n’arrive pas à dormir. Même si je me couvre, c’est comme si je n’ai rien mis. Je grelotte. Le froid m’empêche même de mener mon petit commerce que j’effectuais devant ma maison. Je n’arrive pas à bien marcher car j’ai mal aux jambes» se confie-t-elle.

A quelques 100 mètres de là, se trouve la maison du Vieux Diaw. Trouvé dans son appartement, ce vieillard d’une soixantaine d’années est bien allongé dans le salon. La grande couette ne semble pas suffire le septuagénaire. D’un ton ferme, il demande à son petit-fils de presser la « bonne » afin qu’elle puisse allumer pour lui le fourneau. « Ah c’est dure, le froid. Je me sens dès fois dépourvu de mes jambes. Je ne sais pas si Dieu est en colère contre ses créatures, par ce qu’il fait trop froid.. Je ne peux même pas me lever pour faire quoique se soit », déclare le Vieil homme.

Pour s’acquitter de ses cinq prière de la journée, le vieux Diaw a trouvé une alternatives.  » Pour prier, je fais du tayammoum (abolitions sans eau). C’est très difficile de vivre avec un climat pareil. Mon compagnon de toujours, c’est ce fourneau bien rempli de charbon à feu », sourit-il.

Le charbon de bois, une denrée très prisée

Chez les vendeurs de charbon de bois, on se frotte les mains. Dans son parc de stockage sis à Ouakam, c’est toute une foule que l’on aperçoit. A partir de 16 heures les gens se mettent en file indienne. Le vendeur, Diallo, comme l’appellent les clients, se confie: . « Avec ce froid, mon chiffre d’affaires augmente. Mon frère me livre  du charbon que je revends après je lui donne son argent et ça génère  beaucoup de revenus». Et d’ajouter : « le prix du charbon varie selon la quantité. Mais le plus souvent, on achète à 150 f, 500f dés fois 1000 Francs. Pour moi le froid doit continuer jusqu’au mois d’Août», souhaite-t-il avec un sourire.

A la cité Ascena, c’est le même constat. Ici, le charbon se vend dans les boutiques. Avec un emplacement très en vue, la boutique de Sadio est multifonctionnel. Il vend presque tout. A l’intérieur de sa boutique dans un coin bien aménagé,  on peut compter 7 sacs de charbon, l’autre est à  moitié vendu. Avec sa taille moyenne,  très robuste, dynamique, le natif de Guinée reconnait que son chiffre d’affaires est en hausse. « Je remercie le bon Dieu. Le charbon se vend comme de petits pains. En cette période où le froid bat son plein.  J’achète le sac  à 7000 F CFA dans les camions, je le réparti dans de petits sachets que je revends l’unité à 100f. J’ai un bénéfice de 2000 voir 3000 F par sac », indique Sadio.

Fatoumata Binta Ba,(Stagiaire)

http://Dakar7.com

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